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L'Océan à Travers l'Oeil de l'Artiste

Updated: May 5, 2019


PARTIE 1/2


Version in English accessible: here

#surfnormandie #surfphotographie #interview

#pierreleboucher


Découvrez la deuxième partie de cette interview dès qu'elle sera publiée en vous inscrivant ici.

Nous vous emmenons à la rencontre de quelqu'un de très humble qui va vous plonger dans un univers de couleurs et d'énergies en quelques fractions de secondes : Pierre Leboucher, Photographe-Vidéaste (voir le profil de Pierre).

Installez vous confortablement et laissez vous porter par la finesse de son travail, comme si vous étiez sur votre planche de surf, bercé(e) par la houle grandissante, en attendant paisiblement le prochain set.


Voici l'océan à travers le regard subtil et juste de Pierre.


" Pour moi, la photo et la vidéo sont d’excellents moyens de partager des instants et de raconter des histoires à travers les images (...) "

À propos de Pierre


Pierre est originaire de Varengeville-Sur-Mer, un petit village de Normandie proche de Dieppe, en France. Pierre travaille à Paris dans les domaines de l'audiovisuel depuis plusieurs années (création et réalisation de multiples projets : émissions de tv, grands reportages, publicités ou clips vidéos).

À côté de son métier, Pierre se consacre dès qu'il le peut à sa passion de la photographie-vidéographie de Surf et des milieux marins.

Pierre surfe depuis plus de 10 ans, principalement en Haute-Normandie, alternant les sessions surf et les sessions shooting:

" Actuellement je surfe une Karamba 6’0 de chez Gong "




Rencontre Avec Pierre


Simply Surfers : Comment t'est venue la passion de la photographie / vidéo ?


Pierre : C'est très certainement imprégné dans mes gènes. Mon père a toujours été un amateur et passionné de photographie et vidéo. Il m’a offert mon premier boîtier et il conserve précieusement tous les films que l’on réalisait plus jeunes. Ma mère, elle, adore le cinéma et l’art en général. C’est grâce à elle que j’ai forgé une culture artistique et cinématographique.


Simply Surfers : Quelle est ta relation avec l’océan ? D’où te vient cette passion pour la photographie / vidéographie de Surf ?


Pierre : Je suis né près de la mer, j’y ai passé la plupart de mes temps libres. Il m'est difficile de m’en éloigner. Après plusieurs semaines loin de la mer, si je n’ai rien à faire, je peux vite tourner en rond et devenir irritable (rires). Aujourd’hui, je quitte Paris dès que possible pour me rapprocher de l’eau, que ce soit pour aller shooter, surfer ou juste me balader. Je pense que beaucoup de personnes ayant vécu près de la mer savent de quoi je parle.




Simply Surfers : Qu’est-ce que la photo de Surf t’apporte par rapport à d’autres types de photos ?


Pierre : La photo/vidéo de surf et de sports nautiques en général est le moyen de lier mon travail à ma passion. C’est pour cette raison que je persévère dans cette voie car je pense que lorsqu’on aime faire quelque chose, on n’a pas l’impression de travailler pour le faire. Et l'on se démène pour le faire bien. Alors plutôt que de m’investir dans des projets auxquels je ne crois pas et qui ne s’accordent pas avec mes valeurs, je préfère privilégier aujourd’hui les projets qui me correspondent.



Dans la Peau du Photographe


Simply Surfers : Quand tu pars pour une session de shooting, sais-tu précisément à l’avance ce que tu veux prendre comme images ?


Pierre : Je ne sais jamais précisément à l’avance ce que je vais shooter comme image. Selon moi, la beauté de l’océan tient à l’unicité des conditions météo, qui ne sont jamais deux fois les mêmes. Entre le vent, le soleil, les nuages, la pluie, la couleur de l’eau, les vagues, la marée... Le paysage marin n’est jamais identique. L’avantage étant que je pourrais faire une photo différente en étant chaque jour au même endroit. Le surfeur, lui aussi, est imprévisible et je lui donne rarement de directives. Toutefois, j’ai toujours quelques idées en tête, et j’en profite lorsque les conditions me le permettent.




Simply Surfers : Tu prends beaucoup de photos « dans » l’eau, ce qui implique énormément de contraintes physiques et techniques pour toi. Lorsque tu es à terre, tu peux disposer ton matériel confortablement, prendre le temps de régler tes objectifs et être paisiblement concentré sur ton travail. Au contraire quand tu es dans l’eau, tu es chahuté en permanence par la puissance des vagues et du courant ; tu dois gérer à la fois ton matériel, tes déplacements, ta sécurité et ne pas mettre en danger les surfeurs. C’est un contexte très difficile que tu parviens pourtant à maîtriser totalement.

Est-ce que l’océan te procure une énergie qui stimule ton travail de photographe ? As-tu besoin d’éprouver physiquement et mentalement cette force de la nature pour mieux la saisir dans tes images ?


Pierre : C’est loin d’être un contexte que je maîtrise totalement mais plutôt un élément auquel je m’adapte en permanence. Effectivement, c’est assez physique, c’est un élément dans lequel on n’a pas l’habitude d’évoluer. Mais c’est là tout l’intérêt : partager avec les spectateurs un point de vue immersif qu’ils n’ont pas l’occasion d’expérimenter normalement. Au-delà de ça, un ami surfeur m’expliquait récemment dans une vision plus "métaphysique" peut-être, que la propagation de la houle après avoir parcouru des milliers de kilomètres de l’océan jusqu’au littoral, transmettrait son énergie au surfeur... Et certainement au photographe également.



"Toutes les étapes de mon travail sont intéressantes, pour autant ma partie favorite est d’être sur le terrain, au coeur des éléments, dans l’eau ou sur terre. Vivre le moment présent, être dans l’action."

Simply Surfers : Qu’est-ce qui t’inspire principalement : l’océan ou les surfeurs / surfeuses ?


Pierre : Au-delà de la beauté de l’océan, je suis fasciné par la performance des sportifs. Surtout quand avec le vent, le froid, la houle, le reef, ce milieu peut vraiment devenir hostile. Et pourtant c’est un véritable terrain de jeu pour certains. Autant en surf, qu’en kitesurf ou windsurf, j’adore mettre en avant le lien entre l’homme et la nature.




Simply Surfers : Chaque image que tu saisis avec ta caméra ou ton appareil photo a une longue vie qui suit plusieurs étapes très différentes, avec des intervenants différents. Il y a d’abord l’étape de l’inspiration, pendant laquelle tu es seul dans ta réflexion. Ensuite celle de la conception, où tu fais corps avec tes appareils, face aux sujets que tu captures à travers l’objectif : la nature et le surfeur/la surfeuse. C’est là certainement le moment le plus "intime"où tu t’effaces complètement derrière ton objectif pour laisser place à la scène éphémère qui prend vie en face de toi. Enfin, tu édites la photo et tu la partages à des milliers de spectateurs notamment à travers les médias sociaux. En mettant tout cela en perspective, on a envie de te demander quelle est la raison ultime qui t’anime dans ton travail.

Quelle est ta motivation profonde ? Est-ce un hommage à la nature et au Surf ? Es-tu poussé par l’envie de partager le résultat final de ces images avec des spectateurs ? Ou y a-t-il une raison plus personnelle ?


Pierre : Une session, c’est toujours unique, il n’y en aura jamais deux pareilles et elle nécessite de plus des conditions météorologiques bien précises, ce qui en fait un évènement plus ou moins rare. Alors dès que ça fonctionne, les surfeurs et moi partageons le même engouement : l’appel de l’eau, le besoin de participer à un moment singulier, qui pourra être la pire ou la meilleure session de l’année. Ma motivation profonde, c’est d’immortaliser ce moment et de le partager autant aux surfeurs présents qu’au grand public.




Simply Surfers : Quelle est l’étape que tu préfères dans chacune de ces étapes de vie de tes images : l’inspiration - la conception - le partage ?


Pierre : Toutes les étapes de mon travail sont intéressantes, pour autant ma partie favorite est d’être sur le terrain, au coeur des éléments, dans l’eau ou sur terre. Vivre le moment présent, être dans l’action. Rechercher le partage des sensations, l’adrénaline ressentie par les surfeurs. Ce ne sont pas des sensations que je peux retrouver devant mon écran lors de la post-production ou du partage sur les réseaux sociaux.





"La propagation de la houle après avoir parcouru des milliers de kilomètres de l’océan jusqu’au littoral, transmettrait son énergie au surfeur... Et certainement au photographe également."





Le Surf En Normandie


Simply Surfers : La Normandie est ton « local spot ». C’est une région superbe qui se prête beaucoup à la photo. Tu as aussi l’occasion de beaucoup voyager pour faire des reportages photos dans des paysages exotiques. Qu’est-ce que tu apprécies particulièrement dans la photo Surf en Normandie ?


Pierre : Au premier abord, la Normandie, ce n’est pas la première région à laquelle on associe le surf. L’eau oscille entre 7°C l’hiver et 18°C l’été, les conditions de surf sont assez rares et les vagues dépassent rarement les 2 mètres. Mais je suis toujours épaté de voir la passion qui anime les surfeurs normands. Vous pouvez être sûr qu’il y aura toujours quelqu’un à l’eau, même avec de mauvaises conditions. Trop petites, trop froides, trop ventées, il y aura toujours une histoire à raconter derrière et des images pour les illustrer. C’est ce que j’aime montrer.




Simply Surfers : Qu’est-ce qui caractérise la photo Surf en Normandie par rapport à d’autres endroits ?


Pierre : Les spots en Haute Normandie sont assez uniques avec les falaises de craie qui bordent le littoral, cela donne des images avec du vert et du blanc, les teintes de l’eau de la Manche qui changent régulièrement. C’est un décor que l’on voit rarement dans les photos de surf.




Simply Surfers : As-tu noué des liens particuliers avec la communauté Surf de Normandie ? Comment parviens-tu à photographier / filmer les surfeurs ? Est-ce toi qui leur demande ou est-ce eux qui sont demandeurs ?


Pierre : Mon travail en photo et vidéo me permet de me faire connaître de la communauté surf en Normandie. Certains surfeurs me reconnaissent sur le parking ou à l’eau à mesure qu’ils voient mes publications sur les réseaux sociaux. Dans l’eau, je suis relativement discret, je nage et me place là où je souhaite photographier ce qui m’inspire. Je n’ai jusqu’à présent jamais été confronté à un surfeur réfractaire d’être devant l’objectif, le cas échéant je suis bien évidemment ouvert à la discussion, il faut que cela reste un plaisir pour tout le monde. En général, les surfeurs intéressés viennent me demander les clichés pendant ou après la session. Je publie aussi mes photos sur des groupes Facebook locaux et reste à la disposition des surfeurs à la demande.





"Certains surfeurs me reconnaissent sur le parking ou à l’eau à mesure qu’ils voient mes publications sur les réseaux sociaux. Dans l’eau, je suis relativement discret, je nage et me place là où je souhaite photographier ce qui m’inspire."

Simply Surfers : Tu as fais pas mal de sessions photos cet hiver en Normandie, alors qu’il neigeait et qu’il faisait des températures proches de zéro sinon négatives. Comment arrives-tu à gérer le froid ?




Pierre : Pour gérer le froid, il faut être bien équipé et rester en mouvement le plus possible. De bons gants, chaussons et cagoule permettent de limiter les fuites de chaleur aux extrémités. J’ai également une combinaison Patagonia R5 pour les températures les plus extrêmes, difficile d’être plus au chaud …





Simply Surfers : Comment est l’ambiance à l’eau, quand tu es dans la zone d’impact avec ton équipement ? L’ambiance n’est-elle pas parfois tendue quand tu te trouves sur le chemin de surfeurs que tu peux gêner sur la vague ? Ou es-tu généralement bien accueilli et discret dans l’eau ?


Pierre : C’est comme en surf, tout dépend du spot sur lequel on se trouve et de l’ambiance générale. Sur un beach break normand, les tensions ne sont pas les mêmes que sur un spot de reef indonésien. Mais à l’heure actuelle, j’ai toujours été bien accueilli à l’eau, j’essaie toujours de me placer de sorte de ne pas gêner les surfeurs.


Simply Surfers : As-tu déjà eu des frayeurs à l’eau ? Par exemple t’est-il arrivé de te faire surprendre par des grosses séries qui te faisaient passer de longs moments sous l’eau ?


Pierre : En tant que surfeur, j’ai déjà eu quelques frayeurs sur des sets un peu engagés, mais pas en tant que photographe pour l’instant (je touche du bois !).






Simply Surfers : D’ailleurs, as-tu une planche ou un flotteur qui t’aide à évoluer dans l’eau et te maintenir à la surface ? Ou es-tu en effort permanent pour nager ?


Pierre : Jusqu’à présent je n’utilise ni flotteur, ni surf, ni bodyboard pour me maintenir en surface. C’est handicapant pour mes mouvements et peut être dangereux pour les surfeurs à proximité. J’utilise simplement une paire de palmes pour me déplacer plus rapidement. En fonction des conditions, j’adapte toutefois mon matériel et n’hésite pas à m’équiper si nécessaire, afin d’être dans les conditions les plus confortables possibles et ne pas être perturbé par un imprévu.


Fin de la première partie


Découvrez la deuxième partie de cette interview en avant-première en vous inscrivant ici.


Simply Surfers avec Pierre Leboucher

www.pierre-leboucher.fr


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Découvrez la version en anglais traduite par Julie Tortajada.


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